Mily
Artiste autodidacte, Mily maquille, peint, dessine… débordante de créativité, elle se nourrit de tout ce qui l’entoure pour enrichir son art.
Quel est ton parcours ?
Depuis toute petite bercée par Fame et Flashdance, fan de Madonna et de Mickaël à six ans, j’ai fait de la danse et du théâtre durant toute ma scolarité. En grandissant, j’ai été attirée par d’autres branches artistiques comme les Lettres, la Mode, la Photographie… tout en évoluant dans le milieu hip-hop des 90’s.
Ado, je me suis inscrite à un Atelier Photo où nous développions nous-mêmes nos clichés en labo. J’ai gardé cette passion pour l’image mais je n’en aurais pas fait mon métier. Ayant un bon niveau scolaire, j’ai suivi un cursus traditionnel, souvent avec regret. Assoiffée d’indépendance, je me suis émancipée à l’aube de la majorité et je n’ai pas poursuivi mes études après le Bac.
J’ai travaillé une petite dizaine d’années dans le milieu de la nuit en tant que barmaid ou serveuse, notamment au Réservoir, riche carrefour artistique dont je reste imprégnée.
Il y a six ans, enceinte de mon fils, j’ai longuement réfléchi à ma reconversion professionnelle, je devais réussir à canaliser mes intérêts artistiques et ma créativité (débordante ahah) en un métier, et soudain le maquillage m’est apparu évident. Plutôt que de m’inscrire dans une école de maquillage dont je sortirais avec un brevet de formation, j’ai fait un CAP esthétique qui me permettait d’obtenir un diplôme reconnu par l’Etat. De plus, artiste autodictate depuis toujours, je n’aurais pas supporté le formatage d’une école. J’envisageais le maquillage comme un art à part entière. J’ai très vite démarché des photographes afin de me créer une vitrine virtuelle sur différents réseaux sociaux.
Ca a plutôt bien fonctionné, j’ai rapidement eu des éditos, j’ai eu la chance de faire quelques tournages, de la télévision, beaucoup de shootings photos… mais je me sentais parfois limitée techniquement et j’ai vite tourné en rond.
Parallèlement, j’étais aussi rédactrice beauté du magazine Lady Caprice pendant un an, avant de postuler pour un poste de maquilleuse dans un grand groupe de cosmétiques. J’ai énormément appris au sein de cette marque, de part la pratique quotidienne sur nos clientes mais aussi les échanges avec les maquilleurs de la marque et la qualité de la formation continue que nous recevions. Pourtant, je ne m’épanouissais pas dans ce cadre salarial et j’ai perçu mon licenciement comme l’opportunité d’un nouveau départ. Mon book était loin des techniques et compétences que j’avais acquises, je me suis fixé pour priorité de remettre mon book à jour.
Petit à petit mon réseau s’étoffe, je collabore avec des photographes de plus en plus talentueux et renommés, les productions sont de plus en plus importantes, les éditos se font plus réguliers et voila même qu’aujourd’hui je remplis cette fiche talent… (rires)
Peux-tu nous décrire ton travail ?
Au fur et à mesure que je collabore à des tournages, tests, éditos, je les publie sur la toile. Par le biais des réseaux sociaux sur lesquels je diffuse mes images, je crée du buzz, j’essaie, et j’élargis mon réseau. Je démarche certains photographes, il arrive aussi que ce soit l’inverse. En moyenne, je passe une à deux heures par jour sur le net.
Aucune de mes journées ne se ressemble, je rencontre chaque jour des gens nouveaux, qu’ils soient photographes, réalisateur, mannequins, comédiens, starlettes ou inconnus, coiffeurs, maquilleurs, stylistes… Un jour édito haute couture ou relooking d’une personne lambda, le lendemain tournage d’un clip de rap ou photo de presse d’une personnalité… La diversité des milieux dans lesquels j’exerce fait toute la richesse de mon métier. Au delà d’une hygiène irréprochable et de la maîtrise d’éxecution, il faut aussi faire preuve d’un savoureux mélange de répartie et d’aplomb. Il faut être un caméléon car le bouche à oreilles est très important dans le milieu, rigueur, intégrité et disponibilité sont donc les maîtres-mots.
Selon que je me rende sur un shooting, un tournage ou un relooking, je suis briefée plus ou moins quelques jours avant sur le thème, la composition du staff, le lieu du shooting… Je prépare mon itinéraire et mon matériel au préalable afin d’arriver au top de moi-même (euuuh!). J’accueille mon modèle et je m’applique à ce qu’il se détende et profite du timing imparti à sa mise en beauté. Le modèle coiffé, maquillé et habillé, l’équipe reste discrètement sur le pied de guerre pour les raccords lors de la séance. Il est fréquent que l’on travaille plusieurs looks (ou prises), il est important d’anticiper pour faire évoluer ou remanier un maquillage et une coiffure sans avoir à tout reprendre. Si la ponctualité est primordiale, il ne faut pas s’attendre à terminer aux heures dites car il y a toujours des imprévus de dernière minute et le planning est rarement respecté. Ma journée ne se termine que lorsque le modèle est démaquillé, les produits rangés et checkés, et les pinceaux nettoyés. Le soir, débriefing avec l’équipe par mail ou téléphone, et le lendemain on repart… :)
Quelles sont tes influences, tes inspirations ?
Un visage, un vêtement, un son, une image, la rue… je me nourris de tout ce qui m’entoure et qui fait naître en moi une émotion. Je suis complètement habitée et je perçois la vie toute entière comme source d’inspiration. La curiosité et le regard que l’on porte autour de soi, ou pas, ont un rôle évidemment très important. Personnellement je pense que chaque petit pas, chaque expérience, chaque rencontre que l’on fait nous forge et influence forcément notre chemin, nos choix et nos goûts. Je maquille essentiellement, mais je dessine et je peins aussi, j’écris beaucoup, du slam à mes interminables réflexions sur la condition humaine (rires). Je bidouille des meubles et des objets que je rafistole et que je customise. En fait je suis tout le temps en train de bidouiller un truc, pas un jour sans que quelque chose ne sorte de ce corps ! Et si elle ne paraît pas évidente, je trouve une certaine complémentarité à mes différentes activités artistiques car chacune se nourrit de l’autre.
Quels sont tes projets futurs ?
Je continue de travailler à l’élaboration de mon book que je n’estime pas encore du niveau que je vise. Je me concentre actuellement sur des projets d’éditos et je privilégie les tests beauté car mon book en manque cruellement. D’ici six mois, j’aimerais être représentée par une agence de maquilleurs, internationale de préférence.
Quel cocktail de talents aimerais-tu nous faire découvrir ?
Direction le myspace d’une formidable chanteuse soul londonienne que je viens de découvrir, Hil St. Soul (prononcez Hill Street Soul), . On lance le player et on file découvrir les fabuleuses images du tour du monde de mon ami Kares…







